L’examen psychomoteur de l’enfant

 

L’examen psychomoteur est indispensable au cadrage de toute thérapie psychomotrice. Plusieurs éléments d’investigation sont utilisables pour cet examen :

- Regard

- Processus de latéralisation

- Orientation-déplacement

- Tonus

- Geste

- Jeu

- Respiration

- Lecture du corps

- Contre transfert émotionnel.

Ils vont permettre de déterminer un cadre à l’observation et au sujet de se repérer dans la perspective thérapeutique particulière de la psychomotricité mettant en œuvre la relation au corps du sujet et du thérapeute ainsi qu’à l’espace et au temps.

Concernant l’examen psychomoteur, il est possible de dégager deux types de demandes :

Diagnostic-Observation

Il consiste essentiellement à procéder à un examen psychomoteur, dans le but de donner un avis global sur le fonctionnement psychomoteur d’un sujet ou bien encore un avis intéressant sur un élément précis d’investigation, comme par exemple tester la latéralité d’un enfant.

Il s’agit de dégager des éléments d’objectivation pouvant contribuer à une appréciation synthétique chez un enfant voire un adolescent. Ces éléments viennent se conjuguer à diverses autres appréciations, et sont considérés dans le cadre d’une relation à l’autre.

Cadre et processus

Il peut être demandé de rencontrer un enfant en vue de la mise en place d’une thérapie psychomotrice. Dans ce cas, il s’agit plutôt d’un préalable, d’une sensibilisation à travers la mise en place du cadre thérapeutique.

Il existe des cas mixtes, ceci est vrai pour la plupart des enfants au CMPP, pour lesquels nous avons à donner un avis tant pour l’observation que pour une éventuelle prise en charge.

La première rencontre entre le sujet et le thérapeute doit donc permettre au sujet de connaître implicitement ou explicitement le champ sur lequel il va pouvoir s’engager avec le thérapeute. Par son écoute et son implication active, le thérapeute est amené à préciser à l’enfant ses possibilités d’investigation en même temps que ses limites.

Il est à noté que le terme de bilan semble être à écarter car faisant trop référence à une expertise des retards dont le sujet est censé être porteur ce qui renvoie inévitablement à une dimension de rattrapage et donc exclusivement à une rééducation qui ne pourrait tenir compte du sens pris par le symptôme dans l’histoire du sujet.

Le symptôme ou son expression physique prend ainsi une place importante, il apparaît comme le véhicule d’un mal être réel dans l’ici et le maintenant. C’est autour de lui que va pouvoir s’établir une dialectique entre « corps réel » porteur du symptôme et « corps imaginaire » signifié de l’histoire du sujet. C’est autour du symptôme que va pouvoir se déterminer le type de prise en charge et le projet thérapeutique.

Aussi, l’investigation va passer en parallèle de l’examen, par des entretiens avec les parents au sujet du passé médical de leur enfant. La recherche de somatisations éventuelles dans la petite enfance et dans le présent permettra de mettre en relation des éléments qui ne sont pas forcément reliés entre eux. Ainsi, il faudra repérer les allergies éventuelles (cutanées ou respiratoires), les rhino bronchites à répétition, les troubles de la vision binoculaire… et demander aux parents dans quelles circonstances ils ont disparu, le cas échéant.

Il faudra apprécier les modifications caractérielles qui ont pu se produire, autrement dit ce qui a pu se substituer à la maladie organique (autres types de phénomènes organiques ou modification sur le plan psychique). Il s’agira de cerner plus précisément l’unité psychosomatique du sujet.

Concernant la question du diagnostic, il est évident qu’il ne se superpose pas à un diagnostic psychiatrique relevant de d’autres spécialistes. Cependant, une connaissance des différentes formes de psychopathologie paraît indispensable afin de cerner les types de liens éventuellement existants entre les troubles psychomoteurs et la forme de psychopathologie en cause. Le champ d’investigation en psychomotricité s’étend aussi à la pathologie non fonctionnelle recouvrant le domaine de la psychosomatique non hystérique.

Ces deux grandes formes de pathologies que sont la psychopathologie et la pathologie organique non hystérique ont pour corollaire, au niveau de la psychomotricité de mettre en évidence deux types nettement distincts de troubles psychomoteurs. Il s’agit des troubles instrumentaux et des troubles fonctionnels.

Dans les troubles fonctionnels, l’instrument est apte à fonctionner sur le plan neurophysiologique mais c’est la mise en œuvre de la fonction qui se trouve entravée du fait de l’interdit lié à la sexualité infantile.

Le symptôme psychomoteur relève d’un sens primaire, il exprime le verbal par l’intermédiaire du symbolique.

Le corps matérialisant des significations corporelles qu’il crée lui même par projection.

Dans les troubles instrumentaux, c’est la génèse de la fonction qui est en cause. L’instrument est défaillant sur le plan de la neurophysiologie. L’attente somatique n’est pas de même nature que dans les troubles fonctionnels dont l’hystérie et la complaisance somatique sont des aspects caractéristiques.

Ce trouble renvoie à un problème relationnel ainsi qu’à la problématique plus fondamentale de la constitution de l’espace et du temps (considérée non pas ici comme contenu symbolique mais dans l’ordre d’une génèse qui n’a pu se constituer).

Ce qui est entravé ici, c’est le fonctionnement imaginaire, ce qui ne permet donc pas au corps de jouer son rôle de schéma de représentation. Le sujet est obligé de faire appel à des repères incertains qui rendent problématiques ses limites corporelles et la structuration de l’espace et du temps.

Cette distinction permet notamment de constater l’existence de troubles de la latéralité relevant d’un conflit oedipien et l’accompagnant, qu’il faut distinguer de troubles de la latéralité qui se manifestent en rapport avec une génèse malaisée de l’espace et du temps.

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • Sphinn
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Mixx
  • Google Bookmarks