Dans un texte émouvant et vivant, Myriam David détaille les effets des séparations précoces sur les enfants. Elle en donne les principaux et rappelle la nécessité des personnes en charge d’éducation d’aménager les séparations des enfants. Elle met l’accent sur le fait qu’il faut prêter une grande attention aux retrouvailles de l’enfant avec ses parents qui peuvent avoir un effet traumatique.
Les effets des séparations précoces dépendent de la durée de la tolérance de l’enfant à la séparation, de la réaction des parents, de la préparation de la séparation, des moyens disponibles laissés à l’enfant (objets, visites de personnes connues), de la qualité des soins reçus, de la maturité psychoaffective de l’enfant.
Toutes les séparations ne sont pas nécessairement traumatiques et les effets de la séparation dépend grandement du soin qui est apporté à l’enfant.
"C’est l’absence de moyens mis à la disposition de l’enfant et/ou son éventuelle incapacité à les utiliser qui est traumatique (…) parce que cette absence met en échec le système défensif et adaptatif de l’enfant, et de ce fait, le confronte à un état d’impuissance déstructurant" Myriam David
L’enfant doit être pris sérieusement, et ses manifestations de détresse reconnues et traitées par un entourage présent, vivant, et accueillant.
Les retrouvailles sont une épreuve car elles réactivent l’angoisse de séparation. La mère peut être confondue avec l’état de détresse et anéantir la bonne mère intériorisée surtout si cette image n’a pas été soutenue par une sollicitude de remplacement suffisante. Il faut à l’enfant, et à sa mère, un temps pour redécouvrir la mère disparue et la laisser réapparaitre en soi. C’est un mouvement douloureux car il passe par la reconnaissance de la perte initiale.
Il est donc important de traiter pour chaque enfant devant passer par l’épreuve d’une séparation, l’angoisse de l’étranger et de l’étrange, en préparant en amont la séparation, et en traitant en aval les effets des retrouvailles

